Cette installation propose d'interroger notre rapport au vivant. 
La biophilie est un concept théorisé en 1984 par Edward O. Wilson qui avance l’idée selon laquelle l’humain aime la nature de manière innée et cherche la connexion au vivant. En plus d’être largement discutable vu le drame écologique et sans retour dans lequel nous sommes toustes embourbés, je m’interroge sur la dimension anthropocentriste de cette déclaration. Aussi, rien ne suppose que la terre nous aime en retour. 
Peut être s'arme-t-elle en attendant patiemment de nous recouvrir. 
Le shibari est une pratique de contrainte, de plaisir et de jeux érotiques venant d’Asie, le consentement, le respect, les règles et l’écoute y sont primordiales. C’est une invitation permanente à repenser les relations de pouvoir et de domination de manière moins binaire et plus incarnée. Cette perspective me semble être plus juste pour envisager notre relation au vivant, intimement et collectivement. Après tout, nous dépendons plus de la terre qu'inversement. 
Chaque pièce de l’armure est unique, ornée de feuilles, piques et détails floraux. Le temps est au coeur du processus, l'ensemble est autant vestige que prémices. Empruntant à différentes traditions - des samouraïs au Japon, au kukeris Bulgares et aux sylvestres hybrides de mon enfance auvergnate - cette oeuvre est enfin une déclaration d'amour aux théories éco-féministes où désir, respect du vivant et luttes sont entrmêlés.

Ensemble de pièces en céramique, modelées et émaillées, corde de Shibari, 75 x 22 x 120 cm, 2026. 
Images issues de l'exposition Transformat, curation Cyril Pyrros et Valentin Huby, Le Shakirail, Paris 18e, du 9 au 12 avril 2026.
This installation invites us to question our relationship with the living world.
Biophilia is a concept theorized in 1984 by Edward O. Wilson, proposing that humans have an innate love of nature and seek connection with living beings. Beyond being highly debatable—given the irreversible ecological crisis in which we are all entangled—I also question the anthropocentric dimension of this claim. There is nothing to suggest that the Earth loves us in return. Perhaps it is arming itself, patiently waiting to cover us once again.
Shibari is a practice of constraint, pleasure, and erotic play originating in Asia, where consent, respect, rules, and attentive listening are essential. It is a constant invitation to rethink relationships of power and domination in a less binary and more embodied way. This perspective seems more fitting for considering our relationship with the living world, both intimately and collectively. After all, we depend more on the Earth than it does on us.
Each piece of the armor is unique, adorned with leaves, spikes, and floral details. Time lies at the heart of the process; the whole is both a relic and a beginning. Drawing on different traditions—from Japanese samurai to Bulgarian kukeri, as well as the sylvan hybrids of my childhood in Auvergne—this work ultimately stands as a declaration of love for ecofeminist theories, where desire, respect for the living, and struggle are intertwined.
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