Ce corset assemble une pièce en céramique modelée et émaillée représentant une poitrine de femme et une armature en PVC, cuir et œillets de laiton — une pièce semi-portable, conçue pour être activée en performance, dansée.
Il interroge notre rapport à la nudité : ce qu'on montre, ce qu'on cache, et surtout ce que le regard des autres et plus particulièrement du patriarcat nous vole avant même qu'on ait choisi de le donner. Le sein, symbole immédiat de féminité et de sexualité, y est retravaillé non pour être caché ni exposé, mais enfermé dans une structure qui lui appartient — un corset, harnais, bijoux qui n'existe pas pour plaire, mais pour retourner le stigmate de l'hypersexualisation en armure.
Deux images me hantent et s'entrechoquent dans ce travail. Celle de sainte Agathe, martyre sicilienne à qui l'on coupa les seins pour avoir refusé les avances d'un préfet romain. Même le martyre d'une femme, dans notre iconographie, ne parvient pas à échapper à la scène de séduction. Et celle des Vénus anatomiques, ces femmes de cire dissécables du XVIIIe siècle florentin, aux yeux de verre, aux perles et aux cheveux naturels — présentées mortes, ouvertes, disséquées, mais toujours allongées dans une pose alanguie et lascive, comme si même la mort et l'étude scientifique du corps féminin devaient rester désirables.
RELIQUAIRE refuse cette continuité. Portée et mise en mouvement dans la danse, l'armure ne dévoile pas un corps offert au regard : elle affirme un corps qui choisit ce qu'il donne, quand, et à qui.
This corset combines a hand-modeled ceramic piece shaped like a woman's breast with a frame of PVC, leather, and brass eyelets — a semi-wearable piece, designed to be activated in performance, danced.
It questions our relationship to nudity: what we show, what we hide, and above all what other people's gaze steals from us before we've even chosen to give it. The breast, an immediate symbol of femininity and sexuality, is reworked here not to be hidden or exposed, but enclosed within a structure that belongs to it — a corset that exists not to please, but to turn the stigma of hypersexualization into armor.
Two images haunt this work. That of Saint Agatha, a Sicilian martyr whose breasts were cut off for refusing the advances of a Roman prefect. And that of the Anatomical Venuses, those dissectible wax women of eighteenth-century Florence, with glass eyes, pearls, and real hair — shown dead, opened, dissected, yet always reclining in a languid, lascivious pose, as though even death and the scientific study of the female body had to remain desirable.
Reliquaire refuses this continuity. Worn and set in motion through dance, the armor does not reveal a body offered up to the gaze: it asserts a body that chooses what it gives, when, and to whom.